Au cours des sept premiers mois de l’année, les banques luxembourgeoises ont accordé sensiblement plus de prêts immobiliers. Une évolution qui reflète un retour progressif de la demande, mais aussi l’effet de mesures fiscales temporaires, sur fond de prudence bancaire et de remontée des taux d’intérêt.
Le coup de pouce fiscal qui a fait la différence
Les établissements bancaires ont fait preuve de davantage de flexibilité au cours des trois premiers trimestres de l’année, notamment en adaptant les durées de remboursement et en réduisant leurs marges sur les prêts considérés comme les moins risqués.
Selon le STATEC, le nombre de nouveaux crédits immobiliers a ainsi progressé de 25 % sur un an.
D’après les chiffres de la Banque Centrale du Luxembourg, 14.487 prêts immobiliers ont été accordés entre janvier et septembre 2025, contre 11.050 sur la même période en 2024 et 10.928 en 2023. Un chiffre encourageant, qui ne doit toutefois pas faire oublier qu’avant la hausse des taux d’intérêt en 2022, les banques accordaient entre 15.000 et 17.000 crédits sur neuf mois.
Pour le STATEC, cette embellie s’explique principalement par les allégements fiscaux temporaires dont ont bénéficié les ménages jusqu’au 30 juin dernier. Si le mois de septembre a encore affiché un volume élevé, l’institut anticipait un ralentissement marqué en fin d’année — une analyse confirmée par les dernières données de la BCL.
Pas de baisse des taux sous le sapin
Si, au Luxembourg, le volume de nouveaux prêts a continué de croître entre août et septembre (+ 298 millions d’euros), il a légèrement fléchi en octobre, avec une baisse de 192 millions d’euros par rapport à septembre.
Il en va autrement des taux d’intérêt. Dans l’ensemble, ils ont tous progressé. En octobre, le taux variable s’établissait à 3,09 %, soit une hausse de 0,1% sur un mois. Quant aux taux fixes, ils oscillaient entre 3,51 % et 3,81 % pour les prêts d’une durée supérieure à 10 ans, soit une augmentation moyenne de 22 points de base en un mois.
Stratégies internes ou anticipation des marchés ? Lors de sa dernière réunion de l’année, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés (2% pour les taux de dépôt), s’appuyant sur une inflation annuelle stabilisée à 2,1 % dans la zone euro.
Les banques luxembourgeoises ont donc préféré jouer la prudence et resté stratégiques.
2026 : une année prometteuse
Depuis l’automne, le marché immobilier luxembourgeois marque le pas. L’époque où les agences immobilières accéléraient les ventes avant le 31 décembre, par crainte de la fin d’avantages fiscaux, est peut-être révolue — tout comme celle des taux exorbitants.
Si les données complètes de l’Observatoire de l’Habitat pour l’ensemble de l’année 2025 ne seront publiées qu’en mars 2026, les projections macroéconomiques du Statec et de la BCE permettent déjà dégager une tendance.
Au niveau européen, la BCE a revu ses prévisions pour 2026 : l’inflation devrait atteindre 1,9 % (contre 1,7 % auparavant) et la croissance 1,2 % (contre 1 %). Au niveau national, le Statec estime que la croissance en volume du PIB luxembourgeois pourrait atteindre 1,7 % en 2026.
Des perspectives plus favorables, susceptibles de rassurer les institutions financières européennes et luxembourgeoises — et, à terme, de contribuer à une stabilisation des taux d’intérêt. De quoi faciliter l’accès au crédit immobilier, à condition que les prix immobiliers restent stables.
